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# Posté le dimanche 09 novembre 2008 04:29

Modifié le vendredi 01 mai 2009 16:38

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Qui ne s'est jamais monté la tête en se disant que untel ou untel était amoureux, ou attiré par lui, juste parce que on voyait des étincelles dans son regard, ou que cette personne nous faisait des sourires, ou que le hasard faisait qu'on le croisait trés souvent...Du coup on se fait des films, on se monte la tête avec des histoires a dormir debout, et quand on y croit a fond, on se prend une claque en pleine poire parce que l'autre ne ressentait pas du tout les choses de la même façon, et nous voyait comme un ami, une connaissance, rien de plus.
Comment donc distinguer les vrais signes d'une attirance de nos fantasmes personnels?
L'amitié n'a rien d'une passion déboussolante. On n'a pas de coup de foudre pour un ami: on se lie délibérément, lentement, par consensus. Avec l'ami on partage, on conjugue deux esprits. À cela les amoureux ajoutent quelques désirs moins spirituels pour s'aimer "corps et âme": il ne s'agit plus de seulement se toucher le c½ur, mais de faire l'amour. Cela modifie le rapport: on réclame non plus seulement la présence, mais le contact de l'autre. Le désir (pour ne pas parler de pulsion, de tendance, voire d'instinct qui nous ramèneraient au rang de nos amies les bêtes) rappelle aux amoureux qu'ils ont des corps, ce qui les sort du monde amical, où en partageant de simples idées ils pouvaient encore prétendre n'être que des “choses qui pensent”.Soudain la fièvre agite la conscience, et l'on ne peut plus parler seulement de simple complicité (même intime) avec son (ou sa) voisin(e) d'emphase. Le corps a ses raisons, impérieuses: la conscience est troublée. On ne s'appartient plus vraiment quand on tombe amoureux, et déjà cette fièvre distingue l'amour de l'amitié: l'ami n'est plus ami s'il est objet de désir. Aimer, c'est aussi posséder et être possédé. Plongé dans une bouleversante intimité, l'esprit se trouve comme déséquilibré par un démon impérieux. Sans mesure ni diplomatie formelle, le contact devient si formidable que la conscience n'est plus que spectatrice. C'est la fin de l'âme maîtresse: passionnel, l'amour est donc pathologique, non pas au sens où il faudrait être malade pour faire l'amour, mais au sens où le corps parle, hurle même. La lucidité se tait et contemple.

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François housset
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# Posté le dimanche 10 août 2008 14:53

Modifié le jeudi 30 octobre 2008 16:57